Mardi 13 septembre 2011
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Dans écologie, il y a la racine grecque logos (discours, parole). Je ne dis pas
ça sur un ton sarcastique, mais pour introduire cet article sur la fréquence ou l'absence de certains mots dans la parole ou les écrits d'Europe Écologie - Les Verts (EELV), parti politique
qui se réclame - c'est clair - de l'écologie politique.
Parce qu'il faut être efficace, j'ai pris le texte du projet d'EELV pour la présidentielle de 2012, dans sa version "premier jet" ou presque, la plus vraie dit-on.
Et j'ai cherché informatiquement, dans les 114 pages de ce document, la fréquence de quarante mots, pris au hasard (enfin non,
pas du tout...).
Quelques-uns des résultats au compteur :
. Les 7 plus grandes fréquences relevées sont celles des mots création (64 fois), transport (45),
durable (25), fiscalité (23), pêche (17), fédéral (15) et transversal (11). La présence de création
doit beaucoup à l'art et à la culture, mais aussi aux institutions ou organismes à créer. Les utilisations du mot pêche sont très concentrées dans le paragraphe qui en traite, ce qui est
normal, quant à transversal(e), le mot n'a rien à voir avec les transversales routières, ferroviaires ou aériennes. Dans le langage EELV, il signifie "commun à plusieurs domaines",
quelque chose comme "pluridisciplinaire". La fréquence du mot transport est signe d'une bonne réflexion sur les déplacements, en l'occurrence très tournée vers la ville et
l'inter-urbain, comme on le verra avec les mots absents ou faiblement représentés.
. Les fréquences intermédiaires sont rares. On y trouve centralisation/décentralisation (9) et à la rigueur
ferroviaire (6), maritime (5), Paris (4), dans des sens ou contextes variés, ce qui déçoit un peu. Il faut tomber sur aéroport (3) pour
retrouver une signification étroite : explicitement (2 fois) ou implicitement (une fois), quand on parle d'aéroport, en langage EELV, il s'agit toujours de
Notre-Dame-des-Landes (5% du trafic de ROISSY...).
. La liste des mots absents ou presque (0 ou 1 mention) est encore plus cruelle : pour
les une fois : aérien/ne, parisien/ne, plateforme... Dans les zéro fois , on trouve : Bretagne, découpage,
Atlantique, breton, Nantes, mais aussi Grand Paris, Roissy, Orly, radial(e), région parisienne, hub,
avion, TGV, gare, vol...
Derrière la condamnation rituelle de l'aéroport de N.-D. des Landes, il n'y aurait même pas le constat de ce qu'est le transport aérien
français ? Ne parlons pas de l'analyse...
L'écologie politique en a-t-elle conscience ?
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