Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 05:07

LGV BIOLe développement programmé des liaisons ferroviaires à grande vitesse (les LGV, super-TGV) comble d'aise certains adversaires irréductibles de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Leur joyeux discours peut se résumer ainsi : "Vous voyez bien qu'on n'a pas besoin de cet aéroport, puisque le train, plus écologique que l'avion, peut conduire les voyageurs aux aéroports parisiens". Ils pensent ainsi répondre au grief qui leur est fait d'ignorer les 20 000 vols annuels entre aéroports bretons et parisiens, évidemment polluants, que NDdL permettrait justement de réduire sensiblement.

Ce discours est typique de l'écologie cosmétique, qui répond en surface à des problèmes de fond et qui, dans le cas de Notre-Dame, fait découler ses arguments de la conclusion pré-établie : non à l'aéroport.

L'écologiste responsable se réjouit en effet, lui aussi, quand le train peut remplacer l'avion sur un parcours donné en consommant par exemple moins d'énergie. Mais cela - outre que la question n'est pas si simple - ne répond pas à la question essentielle : pourquoi passer par Paris ? Même une moindre pollution doit être justifiée !

Les experts mandatés par les Amis de la Terre, France Nature Environnement et la FNAUT pour étudier les alternatives à un troisième aéroport parisien(1), abordent à plusieurs reprises cette question dans leur rapport d'expertise. Ils citent un sondage réalisé auprès de voyageurs internationaux des régions lyonnaise et toulousaine empruntant des correspondances parisiennes : respectivement 87 % et 88 % préfèreraient éviter le détour par Paris, et cela, pour 75 % d'entre eux, même si la fréquence des vols proposés est plus faible. Le contexte du rapport fait plus que reconnaître la faisabilité de ce transfert de trafic : il le recommande.

Quand on constate que Nantes-Atlantique ne propose même pas - par exemple - de vols direct pour Francfort, qui ouvre entre autres les portes de l'Allemagne, on comprend que le trafic actuel est contraint par des considérations de bassin de clientèle mais aussi, et parfois surtout, par des situations de monopole camouflées par un secret "commercial" scandaleux, point sur lequel je reviendrai tôt ou tard.

Les réponses aux enjeux de l'écologie responsable se trouvent en tout cas loin des slogans faciles et des attaques latérales sinon ad hominem.

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(1) - Analyse des alternatives à la construction d'un troisième aéroport parisien (2ème volet, 239 pages, juillet 2007, page 64). Ce document aborde à plusieurs reprises et de façon très approfondie la question des aéroports "de province", y compris Notre-Dame-des-Landes, et l'intérêt d'y voir assurer une part plus grande des trafics internationaux, la concurrence et la complémentarité entre train et avion, etc. C'est le contraire de l'écologie cosmétique, qui préfère s'asseoir dessus depuis quatre ans. Prenez-en une copie à l'adresse soulignée.

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Transports - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Jeudi 1 septembre 2011 4 01 /09 /Sep /2011 03:22

EJ DSC 0471[2]-rec"Les propos de Mme Joly dévoilent une vision dans laquelle la France disparaîtrait dans un conglomérat de régions européennes semi-autonomes, inégales en taille et en richesses, peuplées d'habitants séparés par d'innombrables barrières linguistiques", selon  le secrétaire national de l'UMP Nicolas Dhuicq.

On n'en attendait pas moins de ce représentant de la "droite populaire", évidemment talonné dans la réaction par les "anticommunautaristes", dont le Canard républicain brandit comme preuve le texte intégral du discours d'Eva Joly à Mouans-Sartoux !

Et qu'on se rassure, Mélenchon ne devrait pas se faire attendre trop longtemps. Et chacun sait que le nationalisme jacobin déborde un peu cet étroit triangle.

La France se trouve-t-elle donc plus solide de s'être débarrassée d'un million de bretonnants en un siècle ? La place de "sa" langue dans le monde s'est-elle améliorée depuis ? La division de la Bretagne et la centralisation - dont elle est un outil local - ont-elles renforcé sa cohésion territoriale ? La carte ci-dessous donne sur la réalité de la "France des TGV" un reflet - centré sur Nantes -  très éloigné du mirage habituel. Carte Paris-Nantes avec noms de villes et légende

La France est-elle plus forte d'avoir entassé 23 % de ses habitants dans une mégapole qui pompe hommes et ressources, multiplie les besoins de transports et les problèmes de société, et la prive d'un réseau de grandes villes européennes(1) et d'accès diversifiés à la culture et au monde ?

Sa position en Europe en est-elle meilleure ?

Evidemment non. Ce pays crève de ses crispations identitaires et de ses peurs existentielles.

Il faut se réjouir du courant d'air salubre déclenché à Mouans-Sartoux par Mme Joly, et souhaiter que tous ceux qui l'ont choisie comme candidate d'EELV se retrouvent autour de propositions comme celles-là. L'accueil jusqu'ici paraît encore bien timide...

 

[Cliquer sur la carte pour l'agrandir]

___________________

(1) - L'Allemagne, qui en compte un bon nombre, a pourtant moins de 10 % de sa population dans des villes d'un million d'habitants et plus et ne s'en porte pas plus mal. En termes d'équilibre, ça donne à réfléchir.

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Politique - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 16:24

Eva-Mona 1recCandidate désignée par Europe Écologie - Les Verts (EELV) pour la présidentielle de 2012, Eva Joly a eu le bon goût et le sens politique de se présenter devant les militants de Régions & Peuples solidaires (R&PS) réunis en université d'été à Mouans-Sartoux (Alpes Maritimes) du 25 au 27 août.

Il faut le reconnaître sans barguigner : sa prestation a été à la hauteur de l'attente de ses auditeurs, à la fois par la clarté de ses propos et par l'audience dont ils ont immédiatement bénéficié. Pour s'en convaincre, on pourra activer les liens de la couverture de presse recensée par l'UDB.  Même incomplète (oui !) elle témoigne du passage au moins momentané de R&PS à un niveau de connaissance et d'audience dont elle rêvait encore il n'y a pas si longtemps. Autonomie, langues, réunification : rien à redire : tout y est. Alors, s'embarquer tout de suite pour Eva Joly ? Pour ma part, je n'irai pas jusque-là actuellement.

Eva Joly doit maintenant montrer qu'elle peut tenir le même langage à ses propres amis, et les convaincre de se battre avec elle sur ces thèmes. Et que sa campagne ne débouchera en aucun cas sur un nouveau mandat présidentiel de droite. Politiquement opéré de la cataracte depuis fort longtemps, j'attends - par exemple - d'entendre les Verts de Loire-Atlantique se prononcer clairement en faveur de la réunification de la Bretagne pour apprécier la portée réelle des engagements de leur candidate.

Quant à la décentralisation, la volonté affichée par Eva Joly ira-t-elle jusqu'à condamner la centralisation autour de Paris des transports ferroviaires et aériens ? Je crains de devoir en douter encore un certain temps, tant ses amis - et elle - se sont fourvoyés sur le sujet.

Mais - il faut en convenir - c'est peut-être une belle évolution qui est en marche..

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Illustration : Eva Joly parcourt Le Peuple breton en écoutant Mona Bras, porte-parole de l'UDB.

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Elections - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Vendredi 26 août 2011 5 26 /08 /Août /2011 14:10

Tronc pour l'Île-de-France copieLe Petit Frère des Riches et ses amis - qui sur le sujet ne sont pas tous de droite - persistent dans leur ardeur à secourir les moins nécessiteux.

Leur dernière trouvaille : profiter de la "suppression" de la taxe professionnelle pour organiser le soutien budgétaire de l'Ile-de-France par les régions moins riches (dont la Bretagne et le Limousin) !

Au-delà du détail technique, voilà l'essentiel du principe :

Avant la réforme, un effort de solidarité entre régions était demandé aux régions à fort potentiel fiscal au profit des régions à faible potentiel fiscal,le potentiel fiscal étant le montant des recettes qu'aurait perçues une collectivité en appliquant à ses bases (richesses) les taux moyens d'imposition français.

En fait, l'Île-de-France, comme Paris ou Neuilly, parce que très bien dotée en richesses, avait les moyens de voter des taux d'imposition plus bas que la moyenne.

Or, miracle de la réforme et grosse ruse de législateur douteux : puisque les communes ne votent plus les taux de TP, on prendra désormais en compte les recettes réelles de remplacement, qui réprésentent néanmoins toujours pour l'Île-de-France une part de ses richesses très inférieure à la moyenne !

C'est ainsi que l'Île-de-France se retrouve en position d'être aidée par les autres régions françaises, pour des montants totaux qui pourront atteindre dans quelques années jusqu'à 350 millions d'euros annuels(1). De quoi aider à financer le projet de "Grand Paris", après avoir payé au fil des décennies la croissance de la capitale. Une anomalie dénoncée par le vice-président de la Bretagne résiduelle, Pierrick Massiot.

On croirait à une distraction si, selon un vice-président de l'Association des Maires de France, le Gouvernement n'avait pas été alerté il y a deux ans...

Il va tout de même falloir revoir ça, et vite !

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(1) - Estimation du cabinet rennais Ressources Consultants, spécialiste hautement qualifié des finances publiques, que nous aurons l'occasion de retrouver dans un prochain Peuple breton.

 

Illustration : tronc de rue de l'Assistance publique de Paris, avec des inscriptions rectifiées : "Loi de finances 2012 - Tronc pour l'Île-de-France"

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Finances locales - Communauté : Union Démocratique Bretonne
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Mardi 23 août 2011 2 23 /08 /Août /2011 04:02

Sur ce thème, rendez-vous dans le prochain numéro du Peuple breton

Temps d'accès Popul copie

Le graphique que vous avez sous les yeux rapproche l'évolution de la durée du trajet entre Brest et Paris (en bleu) et celles des populations respectives du Finistère (en vert) et de l'Île-de-France (en rouge). Vous pouviez trouver ces données sur Internet, mais ...séparément.

Le rapprochement fournit la preuve indiscutable du très fort lien entre la centralisation ferroviaire en France, d'une part, et d'autre part la distorsion d'évolution des populations de l'Île-de-France et d'un département pourtant de mieux en mieux relié à Paris par chemin de fer(1).

Le Finistère pourrait être remplacé ici par beaucoup d'autres départements. Et c'est évidemment leur cumul qui donne la courbe rouge.

Les cent cinquante ans de centralisation ferroviaire que nous venons de passer ont fait de Paris le carrefour ultra-privilégié de la France, neutralisant  les autres carrefours existants ou potentiels, et les trafics correspondants.

La quasi-inexistence en France de grandes villes européennes n'a pas d'autre secret, et surtout pas la "tradition française" : avant que notre État jacobin ne dispose de l'outil ferroviaire de ses ambitions, des villes comme Nantes et Bordeaux n'étaient pas ridicules à côté de Turin, Barcelone ou Munich, et les populations de Brest et Rennes atteignaient les deux tiers de celle de Francfort.

Nous devons à la politique jacobine cette absence de vrais grands carrefours régionaux mais surtout, ce qui est beaucoup plus grave, l'absence des trafics et des pôles secondaires qui vont avec(2), et qui ont crû avec un exode rural de proximité que la France a, au contraire, canalisé presque entièrement vers Paris, l'administration, l'armée et les colonies.

Pour en sortir, ne comptons donc pas trop sur des liaisons ferroviaires encore plus rapides avec Paris : nous avons assez donné et les courbes ci-dessus n'ont nul besoin d'être prolongées. Voyons l'aménagement du territoire à la bonne échelle, favorisons dès aujourd'hui les transversales et les carrefours de la fin du siècle(3).

__________

(1) - Les années affichées le long de la courbe bleue sont celles des relevés de temps de trajet. Les populations indiquées sont en général des approximations, car les dates des recensements ne coïncident pas avec les précédentes. Mais le niveau d'approximation est très suffisant pour conserver au graphique son caractère probant.

(2) - 92 % des Allemands, mais seulement 76 % des Français vivent dans des agglomérations de moins d'un million d'habitants.

(3) -  Nous y gagnerons en qualité de vie et nous économiserons sur les besoins artificiels en transports longs et rapides, les plus contraires à une vision écologique de la société.

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Centralisation - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Vendredi 19 août 2011 5 19 /08 /Août /2011 20:53

 Cartes France Rennes SNCF 2011 copie

 

A chaque fois qu'on privilégie les liaisons avec Paris, on éloigne en proportion  les "villes TGV" de leur environnement territorial, dont Paris se rapproche en gagnant sur les tronçons communs...et double la mise en faisant payer les régions pour le service rendu !

 

Le TGV ? Peut-être, mais sur les transversales, et en en finissant en même temps avec la centralisation, qui multiplie les besoins de trajets longs et rapides. Voilà une bonne piste pour la conversion écologique de la société française !

 

En contre-point local, voici une carte montrant l'offre ferroviaire à la gare de Carhaix :

 

Carhaix trajets train 2011 b

__________

Cliquez sur les cartes  pour les agrandir. 

Et en cliquant ici, vous retrouverez ces deux cartes, deux  nouvelles cartes anamorphiques réalisées pour d'autres villes bretonnes (Brest et Nantes), deux cartes anamorphiques existantes pour Paris (situation 2009 et prévisions 2017) et une réflexion de polytechniciens sur l'effet du TGV, annotée par mes soins. MF).  

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Centralisation - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Vendredi 12 août 2011 5 12 /08 /Août /2011 07:34

Mao nage en 1966 bEn 1966, âgé de 73 ans, Mao Tsé Toung (ou Mao Zedong(1)), entendait montrer aux Chinois et au monde sa parfaite forme physique en se faisant photographier en pleine traversée du Yang Tsé Kiang (Yangzi Jiang).

C'est ce qu'on a cru, mais Mao voyait évidemment beaucoup plus loin que l'autre rive du Yang et les objectifs médiocres qui lui étaient ainsi prêtés.

Il pensait à réunifier les deux Chines, celle de Taïwan et la Chine continentale, avec son constant souci de la formation politique de ses compatriotes. La nage, voulait-il montrer,  était LA méthode pour parvenir à cette réunification.

C'était vrai, et c'est en bonne voie, si l'on en croit le logiciel Google Earth, que,  sur le conseil de ma nièce pliée de rire, j'ai interrogé sur l'itinéraire Taïwan - Chine.

Dans sa réponse en 13 pages (à cause des photos), Google Earth intègre, page 6, l'étape suivante :

 

 Taïwan - Chine

La mention portée sur la photo de la côte confirme l'instruction...et le descriptif de l'itinéraire continue, comme s'il n'y avait rien là que de très ordinaire.

Il reste peut-être un problème sur le sens de la traversée, mais entre Chinois, on finit toujours par s'arranger, et les choses changent si vite, là bas comme ici...

Merci, Lucie, de ce bon moment !

____________________

(1) : Ce qui prouve qu'une langue de grande culture peut s'offrir des orthographes variées, y compris à l'intérieur de types d'écriture différents. Tu prends des notes, Mélenchon ?

 

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Sourires - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Jeudi 11 août 2011 4 11 /08 /Août /2011 09:22

Saint-Herblain Courbe pop wikipedia rouge copieLa courbe démographique de Saint-Herblain ressemble fortement, à certains égards, à celle de Gouesnou : même long palier de stabilité apparente, pendant lequel l'allongement progressif de la durée de vie de ceux qui restent cache  le faible renouvellement de la population. Et soudain, accélérée par les circonstances locales de la fin de la guerre, l'insertion de la commune dans le périmètre urbain de l'agglomération nantaise la propulse du statut de bourg rural à celui de troisième ville de Loire-Atlantique par la population.

Notre ville a-t-elle ressenti le besoin de souffler ? On la comprendrait !

Toujours est-il que son essor démographique s'est brusquement calmé à la fin des années soixante-dix et que, de ville d'accueil, Saint-Herblain est devenue une ville où il fait bon vieillir ...mais dont les jeunes vont souvent se loger ailleurs, attirés peut-être par les charmes qui étaient les siens pour leurs parents : de l'espace constructible, pas trop éloigné de Nantes et pas trop cher... Et là, Saint-Herblain a sans doute un temps d'avance sur Gouesnou.

Dans les deux cas, l'émigration initiale a sans doute été en bonne partie une émigration de proximité. Proximité de Brest pour Gouesnou, proximité de Nantes bien sûr pour Saint-Herblain. C'est une dimension de l'exode rural breton qu'il ne faut pas oublier, même si elle n'occupe pas - et de loin - la première place dans les modalités de "transplantation" de notre jeunesse.

Sacrifié de longue date - et surtout depuis le milieu du XIXème siècle - au réseau de routes et de chemins de fer centré sur Paris, le réseau breton (et français en général) de communications internes a en effet limité la croissance et les capacités d'accueil de nos villes , contrairement à ce qui s'est généralement passé dans le reste de l'Europe.

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Démographie - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Mercredi 10 août 2011 3 10 /08 /Août /2011 03:54

Gouesnou Courbe pop wikipedia 4 copieEn matière d'émigration, Gouesnou présente au moins deux particularités visibles sur ce graphique de population.

Celle qui m'intéresse ici concerne la longueur de la période de stabilité apparente qui précède habituellement le déclin accéléré du nombre d'habitants. Cette période, que j'ai appelée ici plateau du déclin, s'étend en effet sur un siècle, des années 1830 aux années 1930.

La seconde caractéristique, c'est en effet que ce déclin s'est interrompu quelques années seulement après avoir commencé à devenir visible, en raison de l'insertion rapide de la commune dans la dynamique propre de l'agglomération brestoise après la deuxième guerre mondiale, ce qui n'est pas mon sujet ici.

La longueur de ce que j'ai nommé plateau du déclin me posait en effet déjà un peu question pour Plésidy et quelques autres communes. Mais ici,  un siècle, ça faisait vraiment beaucoup de temps entre le début d'une émigration notable (croissance de la population neutralisée dès 1835) et l'entrée dans une période beaucoup plus récente où la natalité résiduelle ne compense plus les ultimes départs et les décès. Il aurait fallu une belle santé à notre population vieillissante pour continuer pendant quatre générations à engendrer des émigrants tout en gardant assez d'enfants pour faire face à la mortalité...

En fait, la réponse était dans la question : la belle santé, en l'occurrence, c'est tout simplement l'allongement de la durée de la vie, qu'on n'oublie sans doute pas, mais qui n'est pas souvent identifiée comme facteur essentiel de l'apparente stabilité de notre population rurale.

Or, même si le Finistère n'est pas en flèche sur le sujet, Gouesnou a évidemment eu sa part dans l'augmentation d'une vingtaine d'années de l'espérance de vie en France pendant le siècle considéré.

Son exemple montre qu'en retardant l'âge des décès, l'allongement de la durée de la vie a contribué à accroître le nombre des habitants à un moment donné : en partie avec des jeunes, grâce au recul de la mortalité infantile (surtout au XXème siècle) et pendant tout le siècle considéré avec les plus âgés. Mais il a en même temps rendu moins immédiatement perceptible le vieillissement de la population et camouflé l'ampleur de l'émigration et de ses conséquences démographiques. 

___________________

Pour agrandir le graphique, cliquez dessus.

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Démographie - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Lundi 8 août 2011 1 08 /08 /Août /2011 18:03

Hexa ChronoLes grandes villes n'ont pas une très bonne image en France, et en Bretagne peut-être moins encore. En va-t-il de même ailleurs ? Gardons cette question pour une autre fois !

Il est vrai que le sujet télescope, au moins depuis les années soixante, le thème de la décentralisation, celui des métropoles et, accessoirement (?) celui du découpage régional. On n'en viendra pas à bout dans le format d'un article de ce blog.

Bon, alors, comment commencer ?

Peut-être par prendre un peu de recul par rapport à une affirmation parfois énoncée comme une évidence : "Si c'est pour remplacer un seul grand Paris par un moins grand et dix petits, ce n'est pas la peine de décentraliser !".

Si cette affirmation a un sens, ce ne peut être que du point de vue du citoyen, et plus précisément du citoyen d'une cité - ville moyenne, bourg, village - qui ne voit pas ce que changerait pour lui le transfert dans la grande ville de  pouvoirs et de moyens exercés jusque-là dans la capitale.

Cette crainte paraît d'autant plus justifiée que le pouvoir transféré serait de type administratif, échappant aux débats, aux votes et aux contrôles démocratiques dans le cadre de la collectivité à laquelle appartiennent la grande ville et celle du citoyen. C'est en gros le cas des "déconcentrations" au profit des préfets.

Il reste que, même dans ce cas, il peut y avoir avantage à disposer dans un "petit Paris" plus proche d'un accès plus commode à l'autorité dont relève un dossier ou d'une proximité plus grande de cette autorité par rapport à la réalité administrée.

Restons pour aujourd'hui sur un aspect important de cette question de proximité, valable aussi , et même plus, dans le cas d'une vraie décentralisation ou autonomie régionale.

Plus de proximité, cela veut dire en effet moins de longs trajets avant et après une rencontre ou une réunion ...qui ne durera peut-être pas plus de deux heures, et souvent moins ! Or, qui remplit au long de l'année les TGV et les routes de Paris ? Pas les familles en vacances, ou de façon très saisonnière. Regardez-les, par centaines, avec leur costume-cravate et leur attaché-case : ils vont à Paris rendre des comptes, chercher des instructions, présenter un dossier d'entreprise ou de commune, en prendre des nouvelles, solliciter un emploi.

Plus un pays est centralisé (situation 1 du graphique ci-dessus)  plus étendues sont les compétences de ses services installés dans sa capitale, plus nombreuses sont les obligations de prendre le TGV, plus nombreux les trajets parcourus, plus forte la tendance à les accélérer, plus coûteux les déplacements, en euros, en temps et en énergie.

Localisation cadres PoncetAu contraire, plus larges sont les compétences reconnues aux pôles de pouvoir local, plus grande sera la part des trajets courts (situation 2), à tous égards plus avantageux.

Et plus tôt est choisie cette option, plus elle est complète et précoce, avec une mise en oeuvre facilitée (par des transversales par exemple), plus se développent aussi entre les "pôles de pouvoir local" des liaisons et des carrefours susceptibles de générer une activité et une occupation humaine (situation 3 du graphique).

Nous nous trouvons dans un processus cumulatif complètement opposé à celui de la centralisation. Alors que la "capitalisation" du pouvoir au centre génère la centralisation des trafics et la concentration des populations, avec leurs surcoûts et autres inconvénients, la déconcentration et le partage réel du pouvoir génère sans doute des villes un peu plus grandes en dehors de la capitale, mais aussi un tissu plus dense de relations qui donne au total une territoire plus équilibré, où chacun est plus près de plus de choses.

Le fédéralisme ne s'explique pas par l'existence antérieure de grandes villes : le rapprochement des histoires respectives de Nantes et de la Bretagne d'un côté, de la plupart des grandes villes et régions européennes de l'autre - dont elles faisaient clairement partie - montre exactement le contraire.

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Centralisation - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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La Une ci-dessous est celle du Peuple breton du mois de février 2012. Le nouveau numéro arrive dans votre boite aux lettres dans les premiers jours du mois ...si vous êtes abonné(e). Si ce n'est pas encore le cas, voyez sous la photo comment imprimer et remplir chez vous le bulletin d'abonnement. Bonne lecture !

PB Une 2012 02 

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