Partager l'article ! Deux ou trois choses que je sais des grèves de la faim...: Que les grévistes de la faim opposés à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes me par ...
Blog de
Michel FRANÇOIS,
conseiller municipal UDB
(Union démocratique bretonne)
de Saint-Herblain
Que les grévistes de la faim opposés à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes me pardonnent, mais leur mouvement me fait - d'expérience -
penser à un vol aérien : ses deux moments les plus délicats sont le décollage et l'atterrissage...
Au décollage, il faut s'arracher aux habitudes et contraintes de la vie quotidienne, parfois aux siens, ce qui n'est pas toujours simple. Et puis il faut, pendant deux ou trois jours, subir les réclamations de l'horloge biologique : ce qu'on appelle communément "la faim" sous nos latitudes heureuses, et qui a peu à voir avec "la faim dans le monde". "
Après, sauf fragilité particulière, commence une longue période au cours de laquelle on se sent tout simplement bien. A condition de ne pas produire d'efforts trop consommateurs d'énergie, on peut avoir une activité à peu près normale. Après quinze jours de grève, une jeune médecin de prévention m'avait dit : "Je parie que vous vous sentez mieux ?". Et je n'avais pu qu'acquiescer.
Le côté indolore de la grève de la faim peut se poursuivre encore plusieurs semaines, et l'activité aussi, qu'il faut bien sûr adapter progressivement.
Le corps, pendant ce temps, se nourrit sur ses propres tissus. Pendant environ trois semaines, il puisera uniquement dans les réserves des tissus musculaires. Puis - c'est là que les risques sérieux s'annoncent - il va progressivement puiser dans des tissus plus "nobles" : ceux d'organes comme le foie ou le cerveau, à un rythme variable selon les individus. Alors commencent aussi la possibilité, puis la probabilité, de séquelles. Certains dépasseront sans dommage quarante jours de jeûne, d'autres non.
Le problème est qu'on ne "sent" pas le mal, et que, du coup, l'ambiance généralement conviviale et militante qui entoure les grévistes
peut les pousser sans frein physique à "aller jusqu'au bout" dans le tentative de culpabiliser l'adversaire et de le faire céder.
C'est cette phase d'atterrissage qui peut être le plus difficile moment d'une grève de la faim. Elle doit être gérée en toute connaissance de cause et en toute
responsabilité.
J'avais pour ma part pu m'arrêter après 23 jours, satisfaction partiellement obtenue. Mais il serait trop simple que ce soit une règle générale !
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Illustration : En haut, Yannick Baron, qui a engagé plusieurs longues grèves de la faim, notamment pour l'enseignement du et en breton, avait notamment tenu 38 jours en 1990. - En bas, souvenir, souvenir : fin de la manifestation marquant la fin de ma grève (environ 500 personnes auprès du monument fermant le cours des 50 otages). Cliquez sur l'image pour voir l'e titre de la page d'Ouest-France et les deux illustrations de l'article).
Ces pages vous permettront de mieux connaître votre élu, peut-être de mieux connaître l'Union démocratique bretonne. Si vous le souhaitez, elles me
permettront de mieux vous connaître ou de connaître ce qui vous intéresse. N'hésitez pas par exemple à laisser un message, ou un commentaire au bas d'un article.
Nous parlerons beaucoup de Saint-Herblain, sans répéter tout ce qui se dit ou s'écrit ailleurs. Et de l'agglomération, de la Bretagne, des "Pays de la Loire" créés pour la gommer en
Loire-Atlantique, d'économie, de culture, de patrimoine, de budget quelquefois, Sur beaucoup de sujets, je vous proposerai des documents, des images, des liens vers des sites qui
peuvent vous intéresser, etc.
Merci de votre patience, et à bientôt...
Michel FRANÇOIS.
11 octobre 2009
J'apprécie votre écrit très respectueux vis à vis des grévistes de la faim Mr François.
Je me permets juste de dire en plus (tant que j'y suis lol) : que lorsque vous aurez admis que ce "futur" aéroport n'est pas la panacée espérée pour développer un trafic aérien moins centralisateur vers Paris, vous ne serez plus pour l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes Mr François / Car je pense aussi par ailleurs que vous avez -d'après ce que je perçois de vous, de vos écrits- une réelle sensibilité à la question environnementale et à l'impact agricole (avec effet domino) et sur la biodiversité qu'induit ce projet .
Amitiés .
Christophe
Merci !
"Développer un trafic aérien moins centralisateur" peut signifier des choses différentes.
Je crois, pour simplifier, que le trafic aérien se développe ou ne se développe pas sans que la construction de NDdL y change globalement grand'chose (ce n'est bien sûr pas le cas au niveau de chaque aéroport). Je m'explique :
Pour l'essentiel, le trafic de Notre-Dame pour les années à venir existe déjà. Simplement, les voyageurs concernés partent d'ailleurs :
. soit déjà en vol direct (de Nantes surtout), auquel cas NDdL ne changera pas grand'chose pour eux,
. soit après un premier trajet, le plus souvent aérien (20 000 vols par an) mais souvent aussi ferroviaire (1 000 à 2 000 TGV simples par an), trajet d'approche refait dans l'autre sens au retour (mes chiffres regroupent en fait les allers et les retours). Et là, NDdL est d'un incontestable avantage pour les destinations desservables directement (c'est sans doute une minorité des destinations mais sûrement une majorité des voyageurs.
C'est pour moi aussi évident que l'existence d'inconvénients locaux, humains et territoriaux, liés à la construction de l'aéroport.
Ne pas construire NDdL, c'est simplement maintenir sur une longue période des millions de déplacements inutiles, coûteux et polluants, au lieu de les éviter, et continuer à accorder à la région parisienne une rente de situation qui a aussi pour nous son coût humain, en emplois, etc, même si on ne paut pas aussi facilement mettre des noms derrière que lorsqu'on construit sur un terrain identifié.
Mais je me répète...
Et je continue : que le trafic croisse ou non à l'avenir, que le prix du pétrole augmente ou non, il reste intéressant de réduire au maximum les déplacements inutiles !
Amicalement.