Désunion-couvLe hasard veut que cette présentation suive immadiatement dans ce blog un article sur le très médiocre rang de la France dans le classement des États au regard de leurs pratiques démocratiques.

Le magistrat nantais Yvon Ollivier fournit dans cet essai une analyse fouillée, très documentée et, disons-le, brillante, de l'une des causes de ce handicap démocratique : l'attitude de la France à l'égard (à l'encontre !) de ses minorités.

Le fin juriste tient la plume, mais aussi le familier des prétoires et le praticien de combats qu'il accompagne de près, depuis plusieurs années, dans les arcanes internationales - et notamment européennes - ou progresse , lentement mais sûrement, le droit des minorités.

Yvon Ollivier excelle à éclairer crûment l'impasse dans laquelle la notion française de "République" enferme l'État français, qui se revendique de valeurs universelles mais en dénie l'usage à ses propres composantes. Du respect proclamé de la diversité des peuples, on glisse vers leur négation en ne reconnaissant sur le sol national que le droit d'être conforme au modèle dominant. C'est l'exclusion au nom de l'universalité...

On invoque le risque de "communautarisme" - auto-exclusion pratiquée par certaines communautés humaines, religieuses voire philosophiques - pour exclure d'emblée de la sphère publique des différences dont on exige le respect hors des frontières.

Le traitement s'applique aux langues minorisées comme au "découpage" des régions.

Le "symbole" (voir le dessin de couverture) porté à titre de punition exemplaire par les élèves pris à parler leur langue à l'école dit tout le scandale de cette "universalité" aussi boiteuse qu'arrogante.

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Éditions L'Harmattan - février 2012 - 25,65 €.

Tag(s) : #Discriminations
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