Aménagement

Samedi 10 septembre 2011 6 10 /09 /Sep /2011 01:52

Urgence pour le Grand Paris

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Il n'y a pas de crise pour tout le monde, et les les feux ne passent pas d'urgence au vert pour n'importe quel projet.

Voté en juin de l'an dernier, le projet de Grand Paris a obtenu en 7 mois l'accord du Gouvernement et de la région Île-de-France. Quatre mois plus tard, il était approuvé à l'unanimité par le conseil de surveillance de la Société du Grand Paris. Moins de trois mois plus tard - le 24 août - au coeur de l'été - le décret de lancement était signé (certains attendent des années...). Enfin mercredi dernier, le ministre de la Ville faisait pour le président de la République et pour ses collègues le premier point sur la mise en oeuvre du projet. Et il annonçait en complément, pour 2012, dix-sept contrats de développement territorial concernant "près de cent communes" de la région parisienne, qui permettront sûrement de dépasser l'enveloppe de 35 milliards d'euros prévue.

Il s'agit simplement de pallier un peu les inconvénients de la concentration en Île-de-France des populations, emplois et moyens de transports du pays - qu'on pouvait plus simplement éviter ! - et de permettre à cette région sinistrée de continuer à se gaver sur le dos des autres. Quand il faut près de 5 h de train pour aller de Nantes à  Brest, il est en effet urgent "de désenclaver les territoires aujourd'hui mal desservis, notamment dans l'est parisien". Et quand un Français sur cinq vit en Île-de-France, rien ne s'impose plus que d'y "accélérer le développement des grands pôles économiques et urbains dans les vingt prochaines années" !

Il y a des régions - enfin, une... - qui ne risquent pas de connaître "des projets vieux de quarante ans !".

Quant aux crédits d'État, c'est comme s'ils étaient déjà là.

Faut-il s'étonner qu'en plus, la suppression de la taxe professionnelle permette de transformer sans le moindre débat sérieux les critères d'attribution des versements compensatoires pour en faire bénéficier ...l'Île-de-France, à laquelle sa richesse permettait justement de voter les taux d'imposition locale les plus bas de France !

Chers amis "écologistes", continuons à diriger les trains, les routes et les lignes aériennes de plus en plus vite vers Paris, et préparons-nous à aider longtemps et massivement cette région à surmonter les handicaps qui s'ensuivent.  C'est gratuit, sûrement...

Et c'est pour ça que la Bretagne a été découpée en deux routes de Paris.

____________________

Documentation :

- Communiqué gouvernemental de présentation de 2009 (développement durable !) en cliquant, ici ou sur la carte.

- Dossier du Moniteur sur le Grand Paris.

 

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Aménagement - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Samedi 29 janvier 2011 6 29 /01 /Jan /2011 00:24

[L'article le plus consulté entre le 24 et le 30 janvier 2011]

 

Grand ParisAu Conseil "régional" des Pays de la Loire, le chapitre "Transports" du budget fait des vagues, à cause du financement de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, refusé par les élus EE-Les Verts. Au Conseil régional d'Ile-de-France, le dossier des transports du Grand Paris en fait aussi, à cause notamment du projet de relier par métro le plateau de Saclay aux nouvelles infrastructures de desserte de la capitale : un dossier à 32,5 milliards d'euros, intéressant notamment la Défense et ...les aéroports parisiens. Mais c'est sur Saclay surtout qu'on voit tomber les missiles verts.

Ce qui frappe dans ce double débat, c'est précisément qu'il soit à ce point double.

Comment est-il possible de débattre de Notre-Dame-des-Landes ou de la desserte du "Grand Paris" sans s'attarder préalablement sur la place de Paris en France, qui échappe curieusement à tout débat... Notre PS est lui-même peu pressé de poser ce problème qui en conditionne tant d'autres.

Sans l'hyper-centralisation française, il n'y aurait pas d'Ile-de-France congestionnée, et il paraîtrait naturel de se déplacer en France, en Europe et dans le monde sans devoir si souvent faire étape à Paris. Faut-il renforcer encore cette centralisation ?

C'est pourtant à l'ordre du jour, avec le renforcement des liaisons ferroviaires rapides avec la capitale, laquelle en profite pour concentrer l'activité et la matière grise (c'est même l'objectif affiché de l'urbanisation de Saclay ! Avec de l'immobilier en délire).

Les élus EELV d'Ile-de-France ont sans doute raison de freiner les investissents sur cette desserte de Saclay.

A sa manière et à son échelle, ce projet est pourtant dans la ligne des deux siècles de centralisation  des transports que leurs amis cautionnent en refusant les possibilités de déplacements transversaux aériens (objet de NDdL), infiniment moins coûteux à terme et propice à une évolution de la France vers plus de multipolarité.

Illustration : deux projets concurrents de schéma des transports du Grand Paris, dont une version harmonisée est proposée au conseil régional d'Ile-de-France.

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Aménagement - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Dimanche 28 novembre 2010 7 28 /11 /Nov /2010 03:02

[L'article de nouveau le plus consulté entre le 11 et le 28 janvier 2011]

 

HotelDieuNantes wikiLe projet de concentration sur l'île de Nantes des services hospitaliers publics de l'agglomération vient de recevoir la bénédiction - conditionnelle - de trois élus écologistes sympathiquement connus(1) . Les élus herblinois avaient pu entendre sur le sujet, il y a quelques semaines, la directrice du CHU et un représentant du corps médical hospitalier.

A ce jour, ma conviction n'est pas acquise.

L'idée que l'hospitalisation est un service de centre ville me laisse perplexe. Je relève qu'à Nantes, un tel choix est relativement récent. Ni le Sanitat, ni l'ancien Hôtel-Dieu, ni l'hôpital Saint-Jacques n'ont en leur temps été ouverts dans le centre ville. Pas plus que n'y avait été construit bien avant eux le mur d'enceinte de Nantes qui s'y trouve aujourd'hui ! C'est la ville qui a absorbé les sites  initiaux construits dans sa périphérie. L'actuel CHU y est certes resté, mais est-ce un exemple d'accessibilité ? Et sur son site herblinois dégagé, l'hôpital Laënnec est-il si vieux(2) ?.

Après avoir victorieusement débarrassé son centre d'une circulation de transit qui le paralysait, Nantes doit-elle vraiment concentrer sur son île urbaine une proportion notable des 8 200 salariés concernés, le trafic public ou privé et le stationnement qu'y implique leur présence, comme la venue - souvent en urgence - des patients et celle de leurs familles et amis ?

La répartition spatiale de l'offre de soins entre le privé et le public me laisse aussi dubitatif. La polyclinique est certes à l'ouest, la mutualité à l'est et les "nouvelles cliniques" au sud (pas si loin de l'île de Nantes...). Elles ont, elles, fait le choix d'une certaine périphérie et c'est leur choix qui conditionnerait celui d'un équipement public qui a bien d'autres contraintes qu'elles, notamment en termes d'urgences et de recours ?

La proximité de la faculté de médecine, l'une des rares - la seule ? - maintenue en centre ville dicte-t-elle une localisation hospitalière d'une tout autre ampleur ?

La transparence, je la souhaite comme mes collègues cités en début d'article. Mais peut-être n'est-il pas impossible de se prononcer ...après l'avoir constatée.

 

(1) : François de Rugy, Pascale Chiron et Aïcha Bassal.

(2) : voir sur le site de la fédération hospitalière de France une présentation des services et des sites du CHU. 

Illustration : Actuel Hôtel-Dieu, photo Plindendaum sur Wikipédia.

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Aménagement - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Jeudi 25 novembre 2010 4 25 /11 /Nov /2010 04:14

[L'article le plus consulté entre le 25 novembre et le 1er décembre 2010]

 

Le Peuple breton de décembre va publier sous ma signature un article autour du graphique ci-dessous, qui illustre les effets de la centralisation française sur la taille des villes.

Neuf villes d'Europe 1800 2000

 

La confiscation de la croissance des grandes villes françaises par les villes de la région parisienne (à l'exemple ici d'Aubervilliers) crève les yeux. Pendant le même temps en effet, les autres grandes villes d'Europe - mais le plus souvent aussi les moyennes et les petites - ont connu un développement moins problématique que celui de la région parisienne et tendu à assurer dans le reste de l'Europe un polycentrisme propice à une meilleure maîtrise de l'espace et des déplacements(1).

Ce graphique sans pudeur trahit même - attention aux hoquets - l'amorce de décollage démographique de Strasbourg pendant ...l'annexion de l'Alsace à l'Empire allemand (1870 - 1918). C'est aussi le cas des autres grandes villes alsaciennes. Tout commentaire serait superflu...

On rapprochera ce graphique de la carte qui illustre ici une étude passionnante signée notamment de Mme Anne Bretagnolle sur le site Cybergeo, où Nantes et Bordeaux sont les plus beaux exemples de déclin européen, et dont j'aurai sûrement l'occasion de vous reparler. Voir l'ensemble de l'étude.

En tous cas, ne manquez pas le prochain numéro du Peuple breton, sur lequel vous trouverez aussi, bien sûr, échos et images du Congrès de Ploemeur.

Pour vous abonner au Peuple breton.

(1) : Bien noter qu'après la période de sortie de guerre et de reconstruction, la croissance des centres a été puissamment relayée par l'apparition et le développement des agglomérations, et pour Paris de la grande banlieue.

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Aménagement - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Dimanche 7 novembre 2010 7 07 /11 /Nov /2010 01:08

[Article le plus consulté entre le 4 novembre et le 5 décembre 2010]

 

Maquette AerovilleMme Eva Joly a plusieurs fois dit son opposition au projet de Notre-Dame-des-Landes. Elle l'a fait une nouvelle fois dans le quotidien Libération du jeudi 4 novembre, sous la forme d'une tribune co-signée par MM. Cohn-Bendit, Jadot et Orphelin. Mais c'est son nom que notre presse régionale met en avant, allez savoir pourquoi.

Rien à dire aujourd'hui sur l'argumentation : elle est sans surprise et toujours aussi contestable. Mais passons : beaucoup a déjà été dit dans ce blog sur le sujet, et y sera redit à l'occasion..

Ce qui devient curieux et gênant, c'est le silence assourdissant de ces défenseurs de l'écologie sur le vrai dossier aéroportuaire français : celui de Roissy, et plus largement celui des grands aéroports parisiens, dont l'extension est continue depuis cinquante ans.

Car c'est le problème central du transport aérien français, dont le projet de N.-D. des Landes n'est qu'une modeste tentative locale de correction sans ajout de trafic, au contraire(1).

Pourquoi, en France et en France seulement, considère-t-on que l'essentiel du trafic aérien doit passer par la capitale ?

Le plus grand aéroport allemand est celui de Francfort, une agglomération équivalant à deux fois celle de Nantes. Et le second est Munich, deux fois plus grande, à une heure de vol, dont le trafic atteint la moitié de celui de Francfort. Et il y en a d'autres. En France, la première plateforme aéroportuaire après celles de Paris est celle de Nice, à deux petites heures de vol, Et son trafic dépasse à peine le dixième de celui de Paris !

Le passage par la capitale répond en France à trois logiques superposées :

     . techniquement, à la logique du hub unique, comparable à celle d'une gare centrale où passeraient toutes les lignes de transport urbain, augmentant en principe le nombre des correspondances et réduisant leur durée. On a fini par comprendre que ça posait des problèmes dans les centres villes, qu'on perdait dans les bus ou les trams le temps gagné sur les correspondances, que les communications entre quartiers se faisaient plus difficiles. En conservant une gare centrale, on a mis en place un "maillage" plus souple et finalement plus efficace. On peut, de même, rationaliser en France un trafic actuel trop dispersé en bout de lignes en recourant à un ou quelques aéroports de concentration régionale dispensant le plus souvent possible de passer par Paris.

     . politiquement, à la logique de la centralisation : parce que Paris est la capitale, elle doit être le centre du réseau aérien, comme elle est déjà le centre des réseaux routiers et ferroviaires, des réseaux financiers, culturels, d'information, politiques, administratifs, etc... En ce moment même, les "réformes territoriales" de Sarkozy tentent même de revenir à marches forcées sur la timide décentralisation de 1982 ! La France éternelle n'est peut-être pas la patrie des droits de l'homme, mais c'est sûrement celle de la centralisation, mère de beaucoup de problèmes (banlieues naufragées, quasi-déserts culturels, cumul des mandats, etc), ...et de beaucoup d'intérêts ;

    . économiquement, à une logique de monopoles : les sociétés Aéroports de Paris et Air France sont liées. Air France occupe en France, directement ou par filiales interposées, une position de quasi-monopole, et dispose à Roissy de conditions d'utilisation très privilégiées destinées précisément à servir son projet de méga-hub. Autour de ces géants fourmillent de nombreuses activités économiques (transports, hébergement, lieux de congrès, surfaces commerciales, services de haut niveau, etc, qui représentent un pourcentage non négligeable du chiffre d'affaire de la région parisienne. Plus il passe de monde par les aéroports parisiens, plus vite et plus fort tourne le jackpot ! Et les usagers du transport aérien français cotisent, cotisent, cotisent. Les projets de renforcement du méga-hub et de ses dessertes alignent les euros par dizaines de milliards pour les dix prochaines années.

Alors, Notre-Dame-des-Landes est un petit concurrent possible, et un bon dérivatif.

Ça évite de parler du coût de Roissy et de la centralisation, des sujets sur lesquels on aimerait pourtant bien entendre Mme Joly.

 

(1). Les voyageurs qui passeront par ND des Landes ne passeront plus par Paris et n'auront plus à s'y rendre ni à en revenir, souvent par avion, ce qui est à la fois plus coûteux, plus long et plus polluant (2 décollages) !

Illustration : maquette du projet de centre commercial Aéroville à Roissy - vue empruntée au site de la CGT Roissy.

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Aménagement - Communauté : Union Démocratique Bretonne
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Mercredi 21 juillet 2010 3 21 /07 /Juil /2010 07:41

Buste LegrandL'étoile de Legrand, c'est le nom du projet de réseau de chemins de fer centré sur Paris présenté officiellement en 1838 par le directeur général des Ponts et Chaussées de l'époque, Baptiste Legrand. On connaît le succès de l'idée - déjà ancienne pour les routes - qui n'a cessé de prospérer jusqu'à nos jours au point de se confondre,  dans beaucoup d'esprits, avec la logique même des transports en France. Comment ne pas passer par Paris, auquel chacun veut être mieux relié par train, par route ou par avion, afin de sortir d'un enclavement que cette étoile, précisément, ne dégèle qu'au profit de l'Ile-de-France, à laquelle elle offre l'unique accès rapide et général au reste de la France ...et du monde.

Le projet de Legrand a trouvé son expression législative dans la loi du 11 juin 1842,  dont l'article premier commence ainsi :

 

Il sera établi un système de chemin de fer se dirigeant :

1° de Paris :

. sur la frontière de la Belgique, par Lille et Valenciennes ;

. sur l'Angleterre, par un ou plusieurs points du littoral de la Manche, qui seront ultérieurement déterminés ;

. sur la frontière de l'Allemagne, par Nancy et Strasbourg ;

. sur la Méditerranée, par Lyon, Marseille et Cette ;

. sur la frontière d'Espagne, par Tours, Poitiers, Angoulême, Bordeaux et Bayonne ;

. sur l'Océan, par Tours et Nantes ;

. sur le centre de la France, par Bourges.

 

On consultera utilement sur ce point le dossier de Wikipedia.

Plus-vite-à-ParisFrères Péreire en tête, la grande bourgeoisie édifiera des fortunes sur la réalisation et les effets de ce projet tout au long des règnes de Louis-Philippe et de Napoléon III (pour rester bref).

 Au cours du XXème siècle,  l'aviation offre aux régions la possibilité de se dégager de la contrainte des itinéraires gravés dans le sol. Les aéroports fleurissent, notamment en Bretagne. Mais la centralisation a généré des habitudes et des contraintes : c'est surtout pour arriver plus vite à Paris qu'on décolle de Guipavas, de Saint-Jacques ou de Château-Bougon.

Depuis quarante ans, le projet de Notre-Dame-des-Landes traduit le besoin de desserrer la nasse renforcée par Orly, puis Roissy et le TGV, et de rapatrier le trafic direct qui peut l'être autour d'un site plus accessible que Château-Bougon.

Avec un aveuglement proprement sidérant, c'est à ce projet qu'une écologie paresseuse adresse les griefs d'un coût élevé, de terres sacrifiées, d'un débat insuffisant. Pas un mot sur les meilleures terres de France sacrifiées à Roissy. Pas un mot sur le coût économique et social de la centralisation. Pas un mot sur les économies de carburants liées à la réduction ou la suppression des pré et post-acheminements.

Et qui a jamais demandé un débat public sur les finalités, les moyens et le coût de cette centralisation paralysante ?

Au contraire, on voit avec surprise des régionalistes convaincus se réjouir à l'idée que des TGV affrétés par Air France permettraient de développer durablement en trois dimensions l'étoile de Legrand ! Hormis Notre-Dame-des-Landes, tout semble gratuit...

fra and mcoA Roissy et autour, on se frotte les mains, on ouvre de nouveaux terminaux, on agrandit les surfaces commerciales, on construit de nouveaux hôtels, on imagine de nouvelles liaisons urbaines, on applaudit l'entrée en bourse d'Air France, la santé florissante d'Aéroports de Paris, on ne cache pas la part confortable du transport aérien et de ses annexes dans le chiffre d'affaires de l'Ile-de-France...

Mais ici, on se donne des objectifs de Père Goriot(1) : pas un sou régional pour changer ce monde parfait ! Transformation écologique ou nécrologique des régions ?

 

(1) : la parution du livre de Balzac coïncide justement avec le tout début du chemin de fer en France !

Illustration du haut : buste de Baptiste Legrand dans l'antichambre de la bibliothèque de l'Ecole des Mines.

Illustration du bas : carte extraite du site Worldmapper (surfaces des régions proportionnées aux populations).

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Aménagement - Communauté : Union Démocratique Bretonne
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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /Fév /2010 11:57

A vol d'oiseau, Nantes est sensiblement plus "près" de Brest (252 km) que de Paris (344 km). En voiture aussi, mais déjà moins (3 h 21 contre 3 h 45). Et en train, Paris est bien plus près de Nantes que Brest : 2 h 05 contre ...4 h 03.

Distances Nantes

Cette petite comparaison a été faite à la date du 2 février 2010, en interrogeant sur Internet les logiciels ViaMichelin et Voyages SNCF (premier train à partir de 7 h, sauf pour Brest : 6 h 37).

Ce qui en ressort de façon aveuglante, c'est la dynamique implacable de la centralisation française. Des routes en étoile confortant le pouvoir royal et impérial, on est passé aux premiers trains organisant les moyens économiques et humains autour de la capitale, puis aux autoroutes, trains rapides et avions permettant de concentrer à la demande et de contrôler les auxiliaires du pouvoir dans tous les domaines (production, services, finances, information, administration, politique...) en arrimant leur carrière à leur mobilité centripète.

Dans l'intervalle des tentacules de la pieuvre, la circulation s'appauvrit et les chairs se vident, nourrissant les circuits privilégiés où prospèrent les ventouses, relais de concentration.

Chacun dans sa branche justifie sans peine sa fonction aspirante. A Lorient, le frère du pilote trouve plus pratique pour ce dernier, Lorientais comme lui, de prendre l'avion à Ploemeur pour gagner Roissy que d'aller un jour à Notre-Dame-des-Landes, dont il conteste du même coup l'intérêt potentiel d'économiser des décollages. Tant pis si la concentration parisienne du trafic coûte cher : Roissy assure 10 % de la richesse produite en Ile-de-France
(lire), et tout le monde trouve ça très bien.

A part quelques Bretons, dans des villages qui n'ont pas encore été vaccinés contre la croissance.

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Aménagement - Communauté : Union Démocratique Bretonne
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Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /Déc /2009 14:36

Carte jpg DP 8068 Paris capitaleA trois mois des élections régionales, qui s'intéresse aux cartes de la France ? Pas grand monde à en juger par les thèmes agités. La Documentation française met pourtant en ligne sur son site de véritables bombes politiques, comme la carte ci-contre, tout simplement légendée : Paris polarise et domine le territoire français. Dans sa sobre évidence, cette légende a presque plus de force que le célèbre Paris nous pompe ! de l'UDB... C'est en tout cas la même pieuvre qui nous est dessinée. Que dit ou rappelle cette carte entre cent autres choses ?

Elle nous dit que la "région capitale", pompe la population (énorme demi-cercle sombre), les emplois qualifiés (seul et énorme demi-cercle orange foncé), les revenus (seule surface régionale vert foncé).

Mieux : elle nous montre comment : par les voies de communication. Ici, ce sont les autoroutes et les lignes à grande vitesse, mais nous savons ce qu'il en est du TGV bas-de-gamme ou de l'avion. Et nous voyons comment les "régions" épousent le plus souvent, comme par hasard, le tracé de ces voies, et se hâtent de privilégier leur axe principal, lequel se confond avec la route de Paris ou la prolonge : Rennes - Brest, Saint-Nazaire - Le Mans, pour ce qui nous est le plus proche.

Ce qu'on ne devine même pas : les rares lents trains quotidiens qui relient Nantes à Quimper, pour ne pas parler de Brest, ou de Saint-Nazaire - Saint-Brieuc. Les maires de Rennes et de Nantes peuvent bien entonner le Chant du Rapprochement : la carte fait à leur place le bilan du découpage qu'ils n'ont pas envie de remettre en cause.

L'écologie politique pourrait trouver dans des cartes comme celles-là une mine de thèmes de revendication et d'action, qui pourraient enfin la conduire loin de la défense des schémas aériens d'hier et d'une complaisance étonnante à l'égard de "régions" construites par et pour la polarisation du territoire, du pouvoir et de l'argent autour de Paris, et au profit de ceux qui y prospèrent derrière les journaux et les télés qu'ils y ont installés.

Et à se demander peut-être : mais ça, combien ça coûte à ceux qui habitent dans le jaune ?

Ou bien : est-ce que ça n'aurait rien à voir avec les élections régionales et la recentralisation ?



Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Aménagement - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Jeudi 3 décembre 2009 4 03 /12 /Déc /2009 04:21


Un projet dispendieux, destructeur,  qui date et ne peut que cacher des objectifs inavouables...

L'UDB, qui était jadis contre le projet, en a débattu au cours des années 90 et a décidé de le soutenir. Notre-Dame-des-Landes n'est pas pour autant inscrit dans la Charte de l'UDB, et les discussions sur le sujet vont parfois bon train. L'alliance avec des formations qui se réclament de l'écologie contribue naturellement à les aviver en période électorale. Chacun peut évidemment y participer, notamment par ses commentaires au bas de cet article.

Les associations défavorables au projet s'efforcent d'occuper un terrain que ses promoteurs institutionnels ont eu le tort de réserver trop longtemps à la simple communication. A Bain-de-Bretagne le 13 novembre, ils en sont timidement sortis, devant une centaine de personnes à 95 % très engagées contre la réalisation du futur aéroport, et acquises aux arguments de l'ACIPA1 et de l'équipe d'Ecologie-Solidarité. Que cette confrontation publique ait eu lieu est une bonne chose, dont le mérite revient à l'association AVEC 352, organisatrice de la réunion publique. Même si l'écoute laissait parfois à désirer.

J'ai pu, pour l'UDB, retenir l'attention en exposant pendant une dizaine de minutes qu'on pouvait être pour le projet sans être mu par des rêves pharaoniques. Le

vidéo-diaporama visible ici n'a pas été projeté à Bain et demande encore à être enrichi et amendé. Mais il donne une idée des propos tenus.

Illustrations : en haut, de gauche à droite : les routes du premier empire, les autoroutes en 2008, les chemins de fer au début du second empire (1856),  le réseau Grandes lignes SNCF en 2009, la répartition et le trafic des "grands" aéroports français en 2006. On peut se résigner à laisser encore longtemps tout passer par Paris : c'est plus facile, la force de l'adversaire - le vrai - est un bon alibi, et en plus tout le monde croit que c'est gratuit.

(1)
: Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de NDDL. Voir
son site, et ici celui du syndicat mixte d'étude du projet.
(2) : Association de vigilance écologique et citoyenne. Voir
son site.
Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Aménagement - Communauté : Union Démocratique Bretonne
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Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /Oct /2009 05:01

Les élus locaux de Loire-Atlantique sont parfois sommés de se mobiliser pour faire obstacle à la réalisation du "projet pharaonique" d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. L'UDB s'opposait jadis à ce projet, pour des raisons comparables à celles qui mobilisent les opposants d'aujourd'hui. Jusqu'au jour où ses militants locaux poussèrent l'analyse un peu plus loin que celle de la saturation ou non du site actuel de Château-Bougon pour s'intéresser aux caractéristiques du trafic aérien français, et à des gaspillages que Notre-Dame-des-Landes contribuerait plutôt à corriger.

L'article ci-dessous, publié sur le site de la fédération UDB de Loire-Atlantique, sous le titre "Les compagnies sont-elles toutes puissantes ?" se situe dans cette optique, sans épuiser le sujet :

La diabolisation du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes trouve peu à peu ses limites avec la mise en avant des possibilités de réduction du nombre des doubles décollages/atterrissages imposés aux usagers par l'organisation actuelle du trafic en France. Le débat étriqué entre aéroport des villes (Château-Bougon) et aéroport des champs (Notre-Dame-des-Landes) commence timidement à s'intéresser aux liaisons avec Paris. Encore un effort et, à propos de bonnes terres sacrifiées, de rêves pharaoniques et de pollutions, on en viendra à s'intéresser aussi à Roissy, qui ne cesse de s'étendre (on construit Roissy 3) après s'être ajouté à Orly (1 et 2), eux-mêmes successeurs du Bourget... Tout cela depuis l'ouverture de Château-Bougon ! Voir la vidéo d'un reportage de 1959 sur le chantier d'Orly  et celle d'un reportage de 2004 sur le 30ème anniversaire de Roissy (archives INA).

Admettre que la possibilité d'une diminution des doubles décollages dépend largement d'une meileure localisation des aéroports de départ devient maintenant une ligne de front. Il est aujourd'hui de bon ton pour les opposants au projet d'affirmer que "ce ne sont pas les politiques qui font venir les avions, mais les compagnies". La formule était dans un courrier de lecteur ces jours-ci ; on la trouvait déjà dans le dossier de l'ACIPA1. D'aucuns se réjouissent de la voir reprise par deux pilotes, implicitement réputés experts en trafic aérien (si tous les automobilistes étaient experts en trafic routier, cela se saurait !).

Mais, malgré son air d'évidence, la formule est creuse. Bien sûr, ce sont les compagnies qui font venir les avions, mais, sauf accident - c'est le cas de le dire - elles les font toujours venir sur des aéroports voulus par les politiques !

Ce qui ne veut pas dire que tous les choix soient équivalents, également judicieux et tous promis à l'éternité.

Si Nantes-Atlantique (Château-Bougon) a atteint 2,7 millions de passagers en 2008, Lorient 215 000 et Angers-Loire (Marcé) 4 800 (pour une capacité de 50 000...), c'est évidemment parce que les compagnies choisissent de faire venir leurs avions là où elles ont les meilleures chances de bien les remplir ! Et ces chances sont liées au nombre de passagers susceptibles d'accéder rapidement à l'aéroport qui leur permettra d'atteindre leur destination dans les meilleures conditions. Les chances de Château-Bougon étaient évidemment meilleures que celles d'Angers. Une localisation au nord de la Loire, où sont et peuvent être améliorées les liaisons routières et ferroviaires vers Quimper, Rennes et dans une certaine mesure Angers serait meilleure que l'actuelle localisation au sud2.

On peut ne pas être d'accord sur le reste3 et être d'accord là-dessus.

(1). Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d'Aéroport de Notre Dame des Landes.
(2). A l'éloignement plus grand du sud-Loire pour une majorité d'usagers potentiels s'ajoutent les inconvénients assez fréquents des approches de Nantes, de l'encombrement du périphérique à certaines heures et du franchissement de la Loire (exemple).
(3). Voir le diaporama.

Illustration tirée du site de Nantes-Atlantique : l'aérogare de nuit.

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Aménagement - Communauté : Union Démocratique Bretonne
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Entre nous...

Ces pages vous permettront de mieux connaître votre élu, peut-être de mieux connaître l'Union démocratique bretonne. Si vous le souhaitez, elles me permettront de mieux vous connaître ou de connaître ce qui vous intéresse. N'hésitez pas par exemple à laisser un message, ou un commentaire au bas d'un article.



Nous parlerons beaucoup de Saint-Herblain, sans répéter tout ce qui se dit ou s'écrit ailleurs. Et  de l'agglomération, de la Bretagne, des "Pays de la Loire" créés pour la gommer en Loire-Atlantique, d'économie, de culture, de patrimoine, de budget quelquefois, Sur beaucoup de sujets, je vous proposerai des documents, des images, des liens vers des sites qui peuvent vous intéresser, etc.

Merci de votre patience, et à bientôt...

Michel FRANÇOIS.
11 octobre 2009

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