Transports

Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 18:05

Radar temps d'accès Brest - GO-2Le graphique "en radar" ci-contre(1) permet de visualiser les temps d'accès en train de Paris et de Brest à une dizaine de villes du "Grand Ouest". L'échelle de temps est la minute (600 mn = 10 h).

La courbe en rouge-orangé relie les points représentant les temps d'accès de Brest à Paris, Rennes, Quimper, Saint-Nazaire, etc. La courbe en vert relie les points représentant les temps d'accès de Paris aux mêmes villes.

On remarque que les temps d'accès à partir de Paris sont globalement très inférieurs aux temps d'accès à partir de Brest, sauf évidemment pour Brest (temps d'accès nul !) et Quimper, proche. Pour Saint-Nazaire et Nantes, par exemple, Paris l'emporte de loin sur Brest. Et, même pour Rennes, ce n'est qu'une quasi-égalité : Paris l'emporte en  fait de peu, et va profiter le premier des "améliorations" à venir.

Chaque réduction du temps de trajet entre une ville de province et Paris se traduit ainsi par un resserrement local vers le centre des courbes (respectivement rouge et verte)  des deux villes et éventuellement de quelques autres qui leur sont plus ou moins liées.

Mais Paris est la seule ville à bénéficier de toutes les accélérations et, quelle que soit l'autre ville concernée, voit toujours sa courbe verte traduire au centre, comme ici, sa situation de concurrente privilégiée.

Les autres villes ont donc toujours le double handicap d'être d'une part moins bien reliées entre elles que Paris avec leurs homologues (même en passant par Paris) et d'autre part de voir Paris améliorer plus vite qu'elles ses relations avec leur propre environnement régional.

Leur déclin est inéluctablement inscrit dans ce constat.

 

(1) - Cliquer dessus pour l'agrandir

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NDLR : Paris n'a rien à voir dans ces propos avec les personnes qui y habitent et y travaillent : c'est la désignation commode d'une réalité économique, politique, sociale, etc... Encore faut-il le préciser de temps en temps : voilà qui est fait.

 

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Transports - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 08:09

Trois-mats havred'avant v1850La Bretagne présente une caractéristique géographique lourde de conséquences pour sa desserte routière et ferroviaire : c'est la région de France la plus éloignée de toutes les frontières terrestres du pays.

Cette situation n'est devenue un handicap qu'à partir de la fin du XIXème siècle.

On ne réalise pas en effet aujourd'hui à quel point l'arrivée du chemin de fer, puis de l'automobile, a bouleversé les rapports entre la Bretagne et le reste de l'Europe, surtout occidentale.

Mais on peut le comprendre facilement, en prenant en compte la vitesse des déplacements au cours des décennies et siècles précédents.

En 1850, les voitures attelées représentaient le mode de déplacement terrestre de référence, même si elles n'étaient vraiment accessibles qu'aux plus aisés. Ces voitures ne dépassaient guère, dans le meilleur des cas, une vitesse moyenne de 10 km/h. C'était le plus souvent entre 5 et 7...

Les meilleurs voiliers de commerce filaient en revanche 15 à 20 noeuds, soit entre 25 et 30 km/h. On se déplaçait donc en mer quatre fois plus vite qu'à terre ! En réalité davantage, car on ne s'arrête pas en mer pour changer de voile ou dormir...

La situation géographique de la Bretagne était du coup un sérieux avantage, et on ne peut s'étonner d'une présence bretonne très active du Portugal au Danemark, au moins.

Ajoutons que la centralisation économique n'avait guère de sens à l'époque. Chemins de fer et voies navigables 1840L'heure était, pour le transport "intérieur" des marchandises, au cabotage et à la navigation fluviale, les charettes faisant l'affaire pour la proximité et les petits volumes.

Le train et l'automobile ont fait brutalement basculer l'avantage du côté des déplacements terrestres. Les activités bretonnes traditionnelles en ont évidemment souffert, la démission maritime de la France n'a rien arrangé, surtout venant après les guerres napoléonniennes et la valse postérieure des régimes politiques. Et la centralisation ferroviaire a été introduite par la loi (étoile de Legrand) alors même que la carte des premières liaisons (ci-contre) démontre qu'elle n'était pas forcément dans l'ordre des choses.

Dans ce basculement se trouvera un peu plus tard l'explication des implantations d'aéroports plus nombreuses en Bretagne qu'ailleurs : il s'agissait de neutraliser ce handicap terrestre...

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Illustrations :

en haut : Photographie de trois-mats dans le port du Hâvre vers 1850. Voir site du Hâvre d'Avant.

en bas : Carte de 1840 où apparaissent en rouge les premières voies de chemin de fer et en bleu les principales voies navigables. C'est la période de transition  : on est à l'extrême aurore du basculement vers le train. Cliquez sur la carte pour plus de lisibilité. Très logiquement, les régions portuaires ne sont pas les premières à basculer.

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Transports - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 05:05

T-entends-l-avion_modifie-1.jpgL'argumentaire des opposants au transfert de l'aéroport de Nantes s'articule autour de deux approches principales :

Première approche : pourquoi il ne faut pas le mettre à Notre-Dame.

Deuxième approche : pourquoi il n'est pas si mal à Château-Bougon.

Une troisième approche ne sort jamais des cartons : est-ce ici ou est-ce là-bas qu'il y a le plus d'avantages et le moins d'inconvénients ? Or, rien n'étant parfait à 100 %, cest évidemment l'approche la plus intéressante !

Les exemples du bruit et du risque sont parmi les plus caractéristiques.

Dans l'approche "Pas bien à Noytr-Dame", les opposants nous expliquent que l'exposition au bruit des futurs riverains a été étudiée en dépit du bon sens et que la délimitation du périmètre d'exposition au bruit a été trafiquée pour minimiser cette exposition.

Dans l'approche "Pas si mal à Château-Bougon", on peut entendre l'ancienne maire de Bouguenais(1) nous dire qu'il ne faut pas exagérer le bruit dû à l'aéroport et qu'elle en sait quelque chose puisqu'elle habite à côté. Donc on peut laisser l'aéroport à Château-Bougon.

J'ai envie de dire aux opposants : mettez-vous d'accord entre vous. Si le bruit est très supportable à Bouguenais, il n'est pas si insupportable à Notre-Dame, où en toute hypothèse, il concerne nettement moins de monde. Conclusion : ne parlons plus du bruit comme d'un obstacle au transfert !

La question du risque lié au survol de populations est de même différemment traitée selon qu'il s'agit de souligner les dangers de l'implantation nouvelle ou (dans le même but) de minimiser les dangers de l'implantation actuelle.

Ainsi, il serait beaucoup trop dangereux de laisser des avions décoller à Notre-Dame avec les cheminées de Cordemais en face. Mais la tour Bretagne, actuellement sur le chemin des atterrissages à Château-Bougon, n'est pas un problème : il y a des procédures très sûres pour écarter tout risque et, en plus, "les pilotes" vous diront qu'il y a bien pire ailleurs. Et puisqu'il y pire ailleurs, on peut laisser l'aéroport à Château-Bougon...

Mais qui répondra à cette question : même s'il y a pire ailleurs qu'à Nantes, l'implantation nouvelle n'est-elle pas tout de même beaucoup moins risquée ? La réponse est évidente. Alors ne parlons plus des risques comme d'un obstacle au transfert !

Ces faux débats ont pour fonction principale d'éviter de parler de la première et principale justification du projet, qui n'a jamais varié : proposer à des passagers qui existent chez nous ou dans les proches alentours, grâce à une meilleure implantation géographique, des vols directs plus nombreux qu'ils doivent aujourd'hui aller chercher à Paris avec un autre avion ou avec un train toujours plus rapide.

Les débats sur la saturation ou non et sur d'autres thèmes secondaires (Concorde, allègement du trafic parisien, piste perpendiculaire, etc) n'apportent rien sur cet objectif premier.

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(1) : Françoise Verchère, dite Fanfan, conseillère générale, qui a notamment développé cet argument à Vannes le 19 novembre, à la "journée ouverte" de l'UDB.

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Transports - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 02:19

Nantes - BarceloneOn nous répète beaucoup que l'avenir est au TGV, qu'il faut le préférer à l'avion pour les distances inférieures à 2 000 km, et qu'il faut limiter les déplacements par la route.

Ce n'est pas forcément faux, mais cela ne correspond pas du tout à la réalité française d'aujourd'hui. Et pour aller de Nantes à Barcelone, l'essentiel du trajet se fait sur le territoire français ou ...au-dessus.

A vol d'oiseau, il y a 709 km. Par la route, entre 957 et 1000 km, selon l'itinéraire. En train, ...1527 km, parce qu'il faut passer par Paris (et y changer de gare !).

En temps, il faut compter une dizaine d'heures en voiture, et 1 h 35 en vol direct (hors liaisons terrestres au départ et à l'arrivée). En train, c'est entre 11 h 45  et 16 h 39, performance proche de celle du Brest - Paris sous Napoléon III ! Le changement de train pour cause d'écartement différent des rails ajoute au charme et au temps.

Quitte à prendre le train, on apprécierait que des transversales Bretagne - Méditerranée nous acheminent en un temps raisonnable par Bordeaux et Toulouse, par exemple. On se rapprocherait nettement des 1000 km routiers (et même largement auroroutiers). Eh bien, ce n'est pas possible en 2012 de faire le trajet dans la journée, sauf si vous consentez à démarrer par un Nantes - Bordeaux via Paris ou Saint-Pierre-des-Corps !

Alors, il ne faut pas s'étonner que les usagers préfèrent la route ou l'avion au train de Napoléon III...

Nota : sur le thème général des transports ("Mission V"), on consultera avec intérêt l'intervention faite par K. Guyonvarc'h devant le Conseil régional de la Bretagne résiduelle, au cours de la session du 2 au 4 février 2012.

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Illustration extraite d'une recherche ViaMichelin.

On observera sur cette carte que les transversales bretonnes Rennes - Nantes et Brest - Nantes ne sont pas que des transversales internes, ou pire encore (pour Nantes - Rennes) les écrans décriés par certains. Ce sont aussi et peut-être surtout des transversales externes, portes indispensables aux relations entre toute la Bretagne et - ici - le sud de l'Europe.

 

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Transports - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 15:54

Trafic 2006-2011 aéroports bretons copieLe mois de janvier voit revenir avec régularité la publication par chaque aéroport de ses résultats de l'année écoulée. Des journaux comme Le Télégramme et Ouest France ont pris l'heureuse habitude de publier dans la foulée des cartes représentant la situation et l'évolution des résultats de l'ensemble des aéroports bretons, que vous pouvez retrouver dans votre quotidien ou sur son site. Le Télégramme ayant tiré le premier, vous pouvez trouver cette carte sur son site, en cliquant ici.

Pour ma part, j'ai rapproché ces résultats 2011 des résultats 2006-2010 publiés l'an dernier par l'Observatoire de l'Aviation civile, et j'en tire le graphique ci-contre, qui retrace l'évolution du trafic des principaux aéroports bretons de 2006 à 2011, et permet de les comparer.

Il apparaît clairement que, si tous ces aéroports ont connu l'an dernier une progression plus ou moins forte, seuls les aéroports de Nantes et de Brest(1) présentent une tendance de long terme positive.

La croissance nantaise dément une nouvelle fois avec insolence les prévisions intéressées de ralentissement distillées régulièrement par les opposants à la construction de Notre-Dame-des-Landes. Et ça dure depuis 20 ans, malgré des reculs ponctuels comme ceux de 2001 (attentats du 11 septembre) ou de 2009 ("crise").

Le relâchement apparent du monopole d'Air France sur les grandes destinations européennes, voire nord-américaine semble à l'origine du bond de 20 % du trafic international par lignes régulières (Düsseldorf, Barcelone, Bruxelles, Prague...), qui fait plus que compenser le coup de frein sur le trafic aérien avec les pays du "printemps arabe". 2011 semble ainsi confirmer que, lorsqu'on parvient à faire reculer le rabattage systématique sur Orly et Roissy d'usagers bretons  (ou voisins) assez nombreux pour bénéficier de vols directs locaux, nos aéroports sont tout de suite moins dépendants des vols "touristiques".

Ces résultats rappellent aussi indirectement que, lorsqu'on parle du trafic aérien breton, il ne faut pas oublier le nombre important d'usagers qui sont contraints sans nécessité réelle d'aller commencer leur vrai voyage à Roissy ou Orly. Ce sont d'abord ces passagers - qui prennent déjà l'avion - qui constituent la clientèle additionnelle du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

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(1) - Le type "arithmétique" du graphique ci-dessus rend plus évident les écarts absolus de trafic, mais écrase la représentation des progressions pour les courbes les plus basses. La progression de Brest est en fait assez proche de celle de Nantes. Un graphique "logarithmique" le montrerait, mais écraserait à l'inverse les écarts absolus pour les courbes les plus élevées.  

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Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 06:33

Parking 2Le bêtisier des arguments d'opposition à la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes est fourni, et a déjà donné lieu à quelques sourires dans les pages de ce blog.

L'argument selon lequel l'équilibre financier de Nantes Atlantique dépendrait de ses recettes de parkings mérite sans doute d'y figurer en bonne place.

Parce qu'il est vrai, et pour cause ! Quand des comptes sont équilibrés, comme le sont bon an mal an ceux de Nantes Atlantique, leur équilibre est imputable à l'ensemble de leurs lignes, comme à chacune d'elles, qui ne saurait être augmentée ou diminuée sans précisément ...rompre l'équilibre. La Palisse n'aurait pas dit mieux.

Mais aussi parce que cet argument trahit vraisemblablement une intention et une faible connaissance de ce dont on parle.

L'intention est sans doute de donner à penser que l'équilibre financier de l'activité aérienne qui se manifeste à l'aéroport de Nantes tient à peu de choses : des recettes de parking...

Le problème, et la probable ignorance, c'est que les comptes d'un aéroport sont très loin d'intégrer les recettes et les dépenses de toutes les activités qui utilisent l'aéroport !

Ainsi, ce sont les compagnies aériennes qui achètent ou louent leurs avions, paient leurs pilotes et leurs hôtesses, achètent leur kérosène, et encaissent le prix des voyages : des éléments importants de l'activité des utilisateurs de l'aéroport qui ne figurent pas dans les comptes de ce dernier !

Alors, qu'est-ce qui reste ? Eh bien des dépenses et des recettes d'un volume relativement réduit : les redevances liées au mouvement des avions, à leur stationnement, aux passagers transportés, les recettes des commerces ouverts aux passagers et accompagnateurs, les recettes de parking en effet, les dépenses d'entretien de l'aérogare et des pistes, les salaires du personnel propre à l'aéroport.

Dans les aéroports parisiens, c'est la vente des produits de luxe aux voyageurs de passage qui assure la plus grosse part des bénéfices ! A Nantes ou ailleurs, ça peut bien être les recettes de parking... Cela ne signifie pas grand'chose quant au trafic !

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Transports - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 04:23

FGV FnacLe choix français privilégiant à l'excès la desserte du territoire par des lignes à grande vitesse centrées sur Paris provoque des réactions défavorables croissantes.

Journaliste expert dans les questions de transport, Marc Fressoz a publié en septembre 2011, pour le 30ème anniversaire du premier TGV, le livre FGV, faillite à grande vitesse, une charge particulièrement documentée sur l'aveuglement des dirigeants français (politiques, administratifs, techniciens...) en matière de transport ferroviaire centralisé rapide : choix techniques, pratiques monopolistiques, échecs commerciaux répétés, exportations aux frais du contribuable, etc...

Fressoz montre en définitive l'impasse financière et technique dans laquelle s'est enfermée la SNCF, désormais incapable de faire face à l'entretien de son parc ou à la concurrence des constructeurs étrangers, et contrainte de privatiser à tout va : pour Vinci ou Eiffage, les lignes à grande vitesse sont des poires bien plus juteuses que Notre-Dame-des-Landes !

Il est sans doute dommage d'attendre les toutes dernières pages pour voir esquisser - à la faveur d'une comparaison entre les choix ferroviaires allemands et français - une analyse de fond de cet aveuglement partagé :

"Notre voisin s'est bien gardé de la folie toute-grande vitesse. Certes, la géographie est un puissant déterminant. Le peuplement y est plus homogène qu'en France, pays centralisé sur sa capitale avec des liaisons ferroviaires entre grandes métropoles quasi inexistantes. Il n'empêche, l'entreprise hexagonale félicite presque sa rivale d'avoir "développé des services de voyageurs de qualité", axés sur le maillage des services et leur fréquence plutôt que sur la vitesse".
Parler de déterminant "géographique" à propos de la centralisation et de ses effets à long terme est néanmoins trop complaisant : la centralisation du territoire est un choix politique délibéré, dont les conséquences économiques comme écologiques commencent seulement à être perçues...

 

---> Versions expérimentales :   english, españoldeutsch   [à parfaire].

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FGV, faillite à grande vitesse, 30 ans de TGV, Editions du Cherche Midi, 17 €.

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Transports - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 04:17

Démographie 5 pays depuis 1800Les cheminements de la réflexion débouchent quelquefois sur des paysages inattendus.

J'ai pu montrer, avec le graphique ci-contre, l'effet délétère de la centralisation ferroviaire sur la démographie (et donc l'activité) française entre 1850 et 1960, et sans doute l'effet de la centralisation tout court dès le début du XIXème siècle.

 Il restait un point d'interrogation sur le vif redressement postérieur à 1960, commun cette fois aux cinq pays examinés(1).

Au temps des chevaux et de la marche à pied avait succédé en France celui du train polarisé sur Paris, mais le train français n'était pas moins polarisé après 1960 !

Il suffisait de continuer à suivre l'évolution des transports : les années soixante et postérieures sont celles de l'immense et rapide développement de l'automobile (et des transports routiers) ! Et ce développement a au moins eu l'effet bénéfique de corriger  d'importants effets démographiques, économiques et sociaux de la centralisation ferroviaire, aggravés en Bretagne par la "bi-pénétration" de la péninsule à partir du Mans, qui a cassé nos liaisons transversales nord-sud.

L'automobile a rétabli les liaisons Nantes - Rennes et compensé les lenteurs des liaisons sud vers Quimper et Brest. Elle a refait de Quimper, Lorient et Vannes des carrefours d'échanges, redonné aux villes bretonnes de toutes tailles une place dans l'accueil des migrations rurales : après un siècle de siphonnage exclusif vers Paris, ces migrations internes ont pu alimenter, avec un siècle de retard, la croissance de nombreux bourgs, villes moyennes et grandes villes.

Et la liste peut être allongée, et ressembler à du Prévert, moins les ratons-laveurs.

Sans automobile, pas de banlieues champignons, pas de "métropoles", pas de grandes surfaces en dehors du centre des villes, un tourisme très différent, ... Mais aussi : pas d'explosion des festoù-noz et de renouveau de la musique et de la chanson bretonnes, pas de grands festivals, pas de filière Diwan, peu de collèges ruraux...

Trafic routier B5 2006 CETE OuestQue cette irruption de l'automobile n'ait pas eu que d'heureuses conséquences, et que la centralisation ferroviaire ait continué de plus belle - doublée par la centralisation aérienne et curieusement défendue comme elle par certains courants écologistes, voire autonomistes ! - est tout aussi clair.

Il n'en faut pas moins souligner le puissant rôle correctif joué par l'automobile depuis cinquante ans, notamment sur les itinéraires mal desservis par le train (carte ci-contre des tronçons routiers, modulés en épaisseur selon leur trafic et en couleur selon leur croissance).

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(1) - Je connais mal le cas de l'Espagne, dont la courbe démographique ressemble plus à celle de la France qu'à celle de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne et de l'Italie.  

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Transports - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 04:08

PEIT 2 cle12b86eC'est une étrange idée que de manifester à Paris contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, modeste tentative locale de remise en cause de la France à deux vitesses dont le coeur-tête est justement Paris et son collier de gares et d'aérogares, d'où on peut se rendre partout en Europe en moins de trois heures. Un cas unique sur notre continent.

Supposons qu'on arrête Notre-Dame-des-Landes : que feront les 4 ou 5 millions de passagers qui n'y prendraient pas l'avion en 2017 ?

Ils resteraient chez eux ?

Ben non ! Ils continueraient à prendre l'avion aussi nombreux vers les mêmes destinations de travail, de loisirs ou de retrouvailles familiales. Mais ils continueraient d'aller vers ces destinations à partir de Nantes, ou en gagnant Roissy ou Orly à partir des aéroports ou des gares TGV/LGV de Rennes, Lorient, Quimper... ! Comme avant ! Autrement dit en continuant souvent à ajouter un trajet dans chaque sens au trajet principal !

Alors ? Où est le gain ?

Il faut m'expliquer en quoi cela constitue un mieux écologique ou économique... que je vois dans l'autre sens !

Les Parisiens, eux, auront sûrement trouvé follement folklos ces joyeux provinciaux venus exprimer dans la bonne humeur leur volonté de pérenniser l'obligation qui leur est faite de passer par Paris pour aller partout ailleurs, quand ils pourraient faire autrement !

Et les sourires les plus carnassiers se cachaient sans doute derrière les rideaux des sièges d'Air France et d'Aéroports de Paris, qui n'en reviennent pas de voir ces braves Bretons se cotiser pour venir réclamer qu'on ne les prive pas de leur laisse...

Préférer le train ? Pourquoi pas, s'ils n'allaient pas tous dans la même direction, grâce à laquelle 5 % du territoire concentre aujourd'hui 20 % de la population, la moitié des chiffres d'affaires et des bénénéfices, les trois quart des hauts revenus et des emplois de cadres supérieurs. Ceux-là n'ont assurément rien à perdre à la satisfaction de cette manifestation.

Manifester à Paris pour consolider les privilèges franciliens ? Il fallait y penser !

C'est tout à fait ...bobo.

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Illustration : en Espagne comme en Allemagne ou en Italie, pour le train comme pour l'avion, on ne pense pas d'abord "Plus près de toi , ma capitale !" - C'est la centralisation qu'il faut remettre à plat !

 

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Lundi 7 novembre 2011 1 07 /11 /Nov /2011 08:18

97 % des vols partant de Quimper aboutissent à Paris, qui est encore assez souvent le terminus du voyage, nettement plus long en train. A Rennes, 19 % seulement des départs sont pour Paris, et on peut penser cette fois que la capitale est le plus souvent un lieu de correspondance. Le plus gros du trafic rennais est pour les grandes villes de la France du sud. A Brest, Paris reste très majoritaire, mais les autres destinations françaises sont talonnées par le groupe des destinations internationales. A Nantes en revanche, la moitié des passagers embarquant à Nantes ont une destination internationale et les deux tiers du reste une destination autre que Paris.

Ainsi,   chaque aéroport breton a son profil de clientèle, dû au plus ou moins grand éloignement de Paris, à l'ampleur du bassin de clientèle, etc.

Le graphique ci-dessous donne une vision d'ensemble de la destination des passagers aériens bretons(1) de 2010, assez proche de la réalité si j'ai bien travaillé(2) :

Répartition estimée trafic aérien Bzh 2010 

Ce graphique présente une  originalité rare : il fait entrer dans l'analyse des passagers bretons une estimation du nombre des passagers qui ne deviennent passagers aériens qu'après un premier trajet terrestre (en TGV mais aussi en voiture ou en car) entre la Bretagne et Roissy ou Orly(3).

Ce trafic global est très "coloré" par la prédominance du trafic de Nantes-Atlantique (55 % du trafic aérien breton), le seul à faire une large place aux destinations internationales et aux transversales intérieures françaises.

Mais il met néanmoins en relief l'importance - surtout pour les autres aéroports, du rôle de Paris comme étape obligée : les 23 % des "parts de camembert" orange et rouge représentent plus d'un 1,2 million de passagers. Même en admettant que de très nombreuses destinations justifient par leur faible fréquentation le passage par Paris (ou un autre hub parfois plus intéressant), il est tout à fait anormal que des destinations comme Francfort ou Rome obligent les Bretons à une escale à Paris. Comme l'a clairement montré une enquête auprès des passagers des régions lyonnaise et toulousaine, plus de 80 % des usagers inutilement forcés de passer par Paris préféreraient le vol direct même avec des fréquences de desserte moins élevées. ADP et Air France vendent la centralisation avec des services que la plupart des usagers ne leur demandent pas. Et l'exemple des vols vers l'Amérique du Nord montre que sur une centaine de destinations possibles, quatre ou cinq couvrent la moitié de la demande : les hubs sont faits pour les autres ...et pour ceux qui ont vraiment besoin ou envie de fréquences de desserte élevées, et qui sont prêts à en payer le vrai prix.

Ce détour m'en inspire un autre - horrible ! - sur la crainte avancée par certains "écolos" de voir la construction générer une demande nouvelle liée à la proximité de l'équipement NDdL. Mais j'ai déjà été trop long, nous verrons cela une autre fois.

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(1) - Par "passager breton", il faut entendre toute personne qui part d'un aéroport breton (dont Nantes évidemment) ou y arrive, plus, dans cet article celles qui, relevant géographiquement de ces aéroports, n'y trouvent pas les vols qu'ils souhaitent et vont les chercher à Paris. Un étudiant japonais venant faire un séjour en fac à Rennes est donc un "passager breton".

(2) - Les choses seraient beaucoup plus faciles si Air France, Aéroports de Paris et la DGAC, qui disposent des statistiques détaillés et agrégées des vols empruntant un aéroport français, par origine, destination finale et correspondances, les mettaitent à la disposition du public au lieu de n'en permettre l'analyse et l'usage qu'à certains initiés.

(3) - Cette estimation est évidemment sujette à discussion, et résulte de recoupements et intepolations diverses. Son ordre de grandeur est toutefois étayé par certaines données partielles, comme l'attribution à un "Ouest" ne comprenant ni le sud-Ouest ni les Normandies de 1,1 % des passagers de Roissy y venant ou le quittant par TGV, dans un document officiel public sur les intermodalités).

Par Michel FRANÇOIS - Publié dans : Transports - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Nous parlerons beaucoup de Saint-Herblain, sans répéter tout ce qui se dit ou s'écrit ailleurs. Et  de l'agglomération, de la Bretagne, des "Pays de la Loire" créés pour la gommer en Loire-Atlantique, d'économie, de culture, de patrimoine, de budget quelquefois, Sur beaucoup de sujets, je vous proposerai des documents, des images, des liens vers des sites qui peuvent vous intéresser, etc.

Merci de votre patience, et à bientôt...

Michel FRANÇOIS.
11 octobre 2009

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